Ce lundi 19 janvier 2004, j’étais l’invité de Jacky Ickx et dès que nous nous sommes rencontré, il me donna fièrement l’édition de janvier de MOTOR SPORT, la fameuse et sérieuse revue Britanique qui venait de publier les résultats du top 20 des plus grands pilotes de voitures de sport. J’avais entendu que Jacky avait été élu le plus grand de tous les pilotes de voitures de sport mais je n’avais pas trouvé ce magazine dans ma région.
Jacky est très fier de ce titre et je publie ici la partie de l’article qui se rapporte à lui, principalement à l’attention des personnes qui, comme moi, n’ont pas la possibilité de trouver cette revue dans leur boutique favorite. Le mois prochain, MOTOR SPORT publiera un article au sujet de la carrière de Jacky Ickx en Formule Un.
| | Tim Scott a demandé aux experts de faire leurs choix dans la serie mondiale pour voitures de sport entre 1953 et 1992 – désolé Tom Kristense – et voici les résultats de leurs délibérations. | | 20 | Klaus Ludwig | 10 | Henri Pescarolo | | 19 | Martin Brundle | 9 | Bob Wollek | | 18 | John Surtees | 8 | Han Stuck Jr | | 17 | Tony Brooks | 7 | Olivier Gendebien | | 16 | Mario Andretti | 6 | Phil Hill | | 15 | Juan Manuel Fangio | 5 | Jo Siffert | | 14 | Vic Elford | 4 | Derek Bell | | 13 | Brian Redman | 3 | Pedro Rodriguez | | 12 | Stefan Bellof | 2 | Stirling Moss | | 11 | Jochen Mass | 1 | JACKY ICKX |
| | Le Jury était: Rob Aherne, Simon Arron, Jaimes Baker, Jürgen Barth, John Blunsden, David Burgess-Wise, Adriano Cimarosti, Mike Cotton, Hugh Chamberlain, Eric Dymock, Paul Fearnley, Laurence Foster, Andrew Frankel, Graham Gauld, Maurice Hamilton, Peter Higham, Henry Hope-Frost, John Horsman, Mark Hughes, Karl Ludvigsen, David Malsher, Peter Morgan, Dave Price, Rainer Schlegelmilch, Quentin Spurring, Roger Stansfield, Steve Sutcliffe, Simon Taylor, Johnny Tipler, lan Titchmarsh, Jeremy Walton, Gary Watkins, Janos Wimpffen & Eoin Young. | | QUAND LES VOTES ONT ÉTÉ COMPTÉS, IL Y AVAIT CLAIREMENT UN NUMÉRO UN : PENDANT 20 ANS JACKY ICXX ÉTAIT LE POINT DE RÉFÉRENCE POUR TOUS LES PILOTES DE VOITURE DE SPORT. ADAM COOPER EXPLIQUE. | Il n’y aurait qu’un seul vainqueur de notre sondage pour trouver le plus grand pilote de voiture de sport. Il y avait beaucoup d’autres prétendants, notamment Stirling Moss, mais personne n’a un CV qui correspond à celui de Jacques Bernard Ickx. L’as Belge a gagné 37 courses du championnat du monde pour voitures de sport entre 1967 et 1985, avec trois triomphes aux 24 Heures du Mans quand elles ne comptaient pas pour le championnat. En tout, bien sûr, il a inscrit un record de six victoires à La Sarthe, la course qui importe plus que n’importe quelle autre. Durant ces dernières années, Tom Kristensen a presque égalisé ce record et Ickx lui-même est certain que le Danois dépassera son total. Cependant, les exploits au Mans de Jacky ont été réalisés à la fois lorsque les voitures étaient beaucoup plus fragiles que celles de maintenant et lorsque avoir l’ensemble le plus rapide n’était aucune garantie de succès. Il a mené plusieurs fois lorsqu’il n’a pas gagné et il vaut aussi la peine de se rappeler que, tandis qu’il était à son sommet, il n’a pas participé à l’épreuve en 1968, 1971, 1972, 1974 et 1984, les années durant lesquelles il pouvait si facilement étendre son record. | | « Je suis très reconnaissant à MOTOR SPORT pour son choix, « dit-il avec appréciation réelle. « Honnêtement, cependant après la sélection comme le meilleur pilote automobile d’endurance, ma première réaction est de partager l’accolade. Je suis extrêmement humble à propos de mes résultats et statistiques. Sans la base de la pyramide – tous les mécaniciens, les ingénieurs etc… – il n’y a aucune chance de réussite pour un pilote. Cet honneur doit être partagé avec toutes ces personnes et, bien sûr, mes amis : Derek Bell, Jochen Mass, Mario Andretti et Brian Redman. Nous tous étions assis derrière le même volant et avons été tous soutenus par la passion anonyme des gens qui composaient le team.« | | Bien sûr, Ickx a raison de nous rappeler que dans la course d’endurance – peut-être encore plus que dans les autres disciplines du sport automobile – vous gagnez et perdez en tant qu’équipe. Mais quand il était présent, on pouvait être certain que tous les autres se surpassaient pour l’égaler. Sa carrière en Formule 1 perdit peut être son panache après sa victoire lors de la Course des Champions 1974 au volant de la Lotus, mais en voiture de sport il fut le maître pendant une autre décennie. Il était rapide et cohérent partout, mais il a particulièrement brillé sur le vieux Nürburgring, le vieux Spa, et partout où il pleuvait. Et il très faisait rarement des erreurs. | | La première expérience de conduite d’endurance de Ickx eut lieu, alors qu’il venait juste d’avoir 18 ans, lors du Tour de France 1963 dans une BMW 700S. Ses prestations lors des 24 Heures de Spa et du Marathon de la Route furent, pour l’adolescent précoce, des leçons sur la façon de combiner la vitesse avec la cohérence. | Sa première sortie en voiture de sport eu lieu en février 1966, alors qu’il venait d’avoir 21 ans : « j’ai été choisi par l’Equipe Nationale Belge pour conduire une Ferrari 250LM lors des 24 Heures de Daytona. C’était le début, vraiment. » Il allait être déçu par un abandon précoce. Cette année là, il commençait réellement à se faire une réputation en Formule 2 et cela lui permit d’obtenir le volant d’une Ford GT40 Essex au Mans. Hélas, il abandonnait pendant la nuit sur panne de moteur. | | « POUVEZ-VOUS IMAGINER, A 21 ANS, PARTICIPER A LA PLUS GRANDE COURSE ? C’ÉTAIT INATTENDU, UNE SORTE DE RÊVE » | Ce n’était pas un début propice à sa carrière sur le circuit de la Sarthe, mais Jacky l’a aimé : « Pouvez-vous imaginer, à 21 ans, participer à la plus grande course ? C’était inattendu, une sorte de rêve. Si vous parlez à quelqu’un dans la rue qui n’est pas un expert des courses automobiles, il connaît Le Mans.« Essex Wyer était dirigé par John Wyer et David Yorke qui avaient clairement découvert quelque chose de spécial dans ce jeune homme. L’année suivante Jacky pilotait régulièrement la Mirage M1 Gulf-Wyer, un développement de la GT40. L’histoire de Ickx en voiture de sport devint vraiment marquante au mois de mai, lorsqu’il offrait au vétéran américain Dick Thompson une victoire mémorable aux 1000 km de Spa sous une pluie diluvienne. Sans surprise, il devient le favori tant de Wyer que de Yorke, soutenant sa réputation avec certaines victoires significatives dans des épreuves hors-championnat pour JWA, y compris une à Kyalami avec l’équipier débutant Brian Redman. Pour la saison 1968, Wyer réunit le duo à plein temps – dans un GT40. Ils subirent plusieurs retraits irritants, mais gagnèrent à Brands Hatch et à Spa, tandis que Jacky triomphait également à Watkins Glen avec son compatriote Lucien Bianchi. Cependant, un mauvais accident lors du Grand Prix du Canada l’empêchait de participer aux 24 heures du Mans en septembre, alors que ‘sa’ voiture gagnait aux mains de Bianchi et de Pedro Rodriguez. | Ickx se rattrapait dans la Sarthe l’année suivante. Après leur succès à Sebring, lui et Jackie Olivier amenèrent le même châssis GT40, 1075, à la plus mémorable de toutes les victoires au Mans. La ‘promenade’ de contestation de Ickx au départ et la finale très serrée firent du Mans 1969 une course de légende. « C’est la plus célèbre pour le public. C’était le scénario parfait – le type qui démarre dernier, finit le premier! Bien avant la fin, comme j’étais jeune, j’étais convaincu que j’allais gagner. C’était une bonne course parce que, pendant les trois dernières heures, la Porsche et nous n’avons jamais été séparés par plus de 50 mètres.« | Beaucoup de courses en 1969 furent perdues suite à la non-fiabilité de la rapide mais fragile Mirage M3. Cependant, Ickx a des très bons souvenirs de la période JWA : « C’était magnifique. L’esprit était bon et l’équipe était parfaite. John et David ressemblaient aux doigts d’une main et ils ont fait ma carrière. J’étais très rapide à ce moment-là, je pense. J’étais extrêmement jeune comparé au pilote moyen : je n’avais aucune crainte et je pouvais rester en piste. J’avais la bonne philosophie pour cela et j’avais les bons partenaires. La seule chose malheureuse est que vous n’appréciez pas assez ces bonnes choses autant que vous devriez dans ces moments là.« Ickx signe un contrat avec Ferrari, pour 1970, qui inclus les voitures de sport aussi bien que la F1, tandis que Wyer est devenu l’opposition principale en passant de Ford à Porsche. L’armada des 917 surclassait les 512S d’usine; une deuxième place à Spa avec John Surtees fut un des rares résultats corrects. | | En 1971, Jacky s’envolait souvent avec la nouvelle 312PB de 3 litres, mais les Porsches gagnaient toujours. Mais quand les nouvelles règles pour 1972 ont évincé la 917, Ferrari devint dominateur. Ickx gagna à quatre reprises avec Mario Andretti et une fois avec Clay Regazzoni et Redman. S’il y avait eu un championnat du monde des conducteurs, il l’aurait emporté aisément. | | « C’était un incroyable jouet de course, » dit Ickx à propos de cette dernière 312PB, peut être la voiture la plus proche d’une F1 bi-place. « C’était une voiture totalement imbattable et Mario était très bon; nous avons partagé une perspective commune et nous étions très à l’aise ensemble.« | | En 1973, Ferrari réuni Ickx et Redman pour une pleine saison, mais comme Matra avait pris le dessus, l’équipage ne remportera que deux victoires. Le programme de voitures de sport de Ferrari s’arrête alors et, ayant signé pour Lotus en F1, Ickx devient en 1974 comme un pilote indépendant en voitures de sport : il effectue quelques sorties pour Alfa Roméo et pilote la dernière Mirage de Wyer au Paul Ricard (qu’il partage avec Derek Bell pour la première fois). Mais le point d’orgue fut la victoire aux 1000 Km de Spa lors d’une sortie unique avec Matra, aux côtés de Jean-Pierre Jarier; Jacky prenait également la pôle position et réalisait le tour le plus rapide. « C’était la meilleure voiture de sport du moment. Matra avait produit une incroyable pièce d’ingénierie.« | | L’année suivante, Le Mans était retiré du championnat du monde, mais Ickx, associé à Bell, remportait sa seconde victoire avec la Mirage. Un nouveau chapitre dans la carrière d’Ickx commence quand il rejoint Porsche en 1976, établissant une relation qui allait durer pendant les 10 saisons restantes de sa carrière. Cette période ininterrompue fut schizophrénique pour le championnat du monde, avec Porsche qui choisissait le championnat des ‘marques’ pour ses nouvelles et superbes 935, et les courses pour ‘Voitures de sport’ avec les 936. C’était à ce moment que Ickx forgeait l’association formidable avec Jochen Mass qui deviendrait la plus couronnée de succès dans l’histoire du championnat du monde. Pendant les trois années suivantes, à eux seuls, ils gagnent 10 courses dans les deux catégories – tandis que Jacky remporte sa troisième victoire au Mans en 1976, avec la 936 et cette fois avec Gijs van Lennep. | | Le Mans 1977, cependant, reste la plus grande course de Ickx. Alors associé au triple vainqueur Henri Pescarolo, leur 936 se retire dès le début. Jacky se joint alors à Jürgen Barth et Hurley Haywood, dont la voiture soeur retardée est loin au classement. En 41e position, pour être exact. N’ayant rien à perdre, Ickx se jette dans une remontée folle. Il tourne à des vitesses impossibles pendant la nuit humide et brumeuse, assurant deux relais de presque quatre heures chacun, avec juste une courte pause obligatoire entre les deux. C’était son Nürburgring ’57; une course où même un grand pilote trouve quelque chose de supplémentaire en lui. | | « C’était fantastique durant la nuit, comme dans un rêve, dit-il. « C’est pourquoi je dis que c’était la plus belle course de ma vie, parce qu’il se produisait quelque chose que je peux à peine expliquer. Vous êtes si sûrs, si confiants, si efficaces, si concentrés et si éveillé que vous réagissez si rapidement. Cela arrive seulement une fois dans votre vie, je pense. Je n’ai jamais eu l’impression que je prenais des risques – je conduisais à fond. L’amusement était dû au fait que nous ne devions plus être conservateurs.« | Même plus que 1969, cette quatrième victoire forgeait la légende de Ickx au Mans. A partir de ce moment, quand il s’alignait au volant d’une Porsche, les gens s’attendaient à un peu de magie. Il finissait second en 1978 et se retirerait, après avoir mené, l’année suivante. En 1979, la carrière F1 de Ickx s’était arrêtée après une demi-saison troublée chez Ligier. Il remportait cependant le titre Can-Am pour Carl Haas aux Etats-Unis. Mais après avoir assuré la couronne lors de la finale de Riverside, il annonçait sa retraite. Il avait juste 34 ans. | | Cependant, Porsche le persuade de resté en action pendant un week-end durant les deux années suivantes – l’attirance du Mans est restée. Des retards irritants le rétrograde à la seconde place avec l’ersatz de 936 de Reinhold Joest en 1980, mais en 1981 tout se déroule correctement avec l’équipe d’usine et il remporte sa cinquième victoire – sa seconde avec Bell. Ce résultat le place devant son compatriote Olivier Gendebien dans les livres d’histoire. | La fidélité de Jacky à Porsche paye à nouveau quand le nouveau règlement Groupe C arrive en 1982. À ce moment, il y avait enfin un titre des conducteurs à obtenir et un Ickx revitalisé saisit sa chance d’un retour à plein temps. La nouvelle 956 était une voiture formidable, bien que Jacky n’appréciait pas le règlement sur la consommation de carburant qui fut très impopulaire au début : « C’était une Porsche, donc vous pouvez imaginer combien elle était bonne. Mais l’aspect consommation est allé à l’encontre de la course. C’est devenu plus une course économique qu’autre chose et c’était très frustrant pour les pilotes. » Il gagne au Mans pour la sixième fois, de nouveau avec Bell et fait partie des candidats au titre à Brands Hatch, devant battre les as F1 de Lancia, Riccardo Patrese et Michele Alboreto. | « J’étais très jeune à l’époque. J’avais une expérience limitée, mais j’avais la bonne philosophie »
Je n’avais jamais été témoin direct des succès légendaires de Ickx au Mans, mais je me rendais à cette course dans le Kent, espérant voir quelque chose de spécial. Je n’ai pas été déçu. Ce fut une course humide/sèche palpitante, partagée en deux par une interruption après que les Ford C100 d’usine se soient mutuellement sortie de la piste – et nous avons vu le meilleur de Jacky Ickx. Sensationnel sous la pluie précédente, il s’est trouvé poursuivant Teo Fabi, le coéquipier de Patrese dans les derniers tours. L’obscurité tombait, les nuages de pluie sont apparu indistinctement et avec ses phares éclairant quiconque se trouvant devant lui, Jacky a implacablement remonté un Fabi malchanceux. Aidé par un petit avantage en temps avant le drapeau rouge, il l’emporta. Il était enfin champion du monde. | | Ickx a gagna plus de courses et son deuxième titre en 1983, mais en 1984 Porsche voyait une nouvelle étoile en Stefan Bellof. L’allemand remporta la couronne en voitures de sport tout en étant aussi éblouissant le monde de la F1 sous l’aile de Ken Tyrrell, le même homme qui avait donné son grand départ à Jacky. Ickx était bien conscient que l’on avait passé la torche au jeune intrépide : »Il était rapide et était le parfait équipier pour Derek. Ils gagnaient presque chaque course.« | | En 1985, Bellof passe dans le team client de Brun et était encore plus avide de prouver qu’il était le meilleur contre les voitures d’usine. Sur les terres de Ickx, à Spa, il essaya un dépassement imprudent à l’intérieur de son ancien coéquipier à l’approche de l’Eau Rouge. J’ai observé, de la voie des stands, comment les voitures se sont touchée et sont sortie à l’unisson; la voiture de Ickx a glissé le long du rail en arrière, mais Bellof frappé de front avec les résultats fatals. Jacky fut très secoué par l’accident le plus important qu’il ait eu depuis des années et quelles que soient les pensées qu’il avait déjà eues concernant sa retraite, elles revinrent brusquement au premier plan. | | « Bien que je n’aie pas senti de responsabilité, comment pouvez-vous oublier quelque chose comme ça ? C’était épouvantable. C’était un avertissement et j’avais également l’âge pour me retirer. Chacun sait qu’il doit arrêter; vous devez l’admettre, mais vous ne savez pas exactement quand. J’ai aimé le fait que j’étais capable de dire, ‘Voilà, je m’en vais’.« | | Il s’est retiré d’une manière stylisée, gagnant sa course finale au Schah Alam en Malaisie avec Mass. Dix-huit ans avaient passé depuis cette première victoire à Spa et encore il n’avait que 40 ans : « Il était nécessaire de remonter dans la voiture [pour Schah Alam]. C’était la fin de mon contrat avec Porsche. Je savais que c’était la dernière course – et j’ai gagné. C’était une façon positive de finir une longue carrière.« | | Ickx est modeste à propos de son palmarès : « J’étais souvent dans le bon team, dans la bonne voiture, avec le bon équipier. J’étais très jeune dans ce temps là, et j’étais l’opposé de ce qu’on attend d’un pilote d’endurance expérimenté, parce que j’avais besoin d’expérience. Mais je crois que j’avais la bonne philosophie, et mes coéquipiers avaient la même philosophie. Nous n’avions pas besoin d’en parler, nous le savions. Lorsque l’un d’eux ramenait la voiture dans les stands, je savais qu’elle était en bon état – et il savait que je la ramènerai en bon état, également. Avec des types comme ça, les chances de bien terminer une course étaient très grandes.« |
Ecrit par ADAM COOPER – MOTOR SPORT Initialement publié le 22-01-2004 |