Tribute to Jacky Ickx
L’autre jour, alors que Jacky Ickx et moi déjeunions dans un petit restaurant Italien bien sympathique, Jacky me dit : « Je viens de recevoir un magnifique livre dont la préface, très touchante, est écrite par Jean-Claude Andruet. Tu dois absolument raconter cette histoire sur notre site Internet ! « .
Sur ce, il m’offre un exemplaire de ce livre et continue : « L’histoire de ce garçon est vraiment fantastique et cela vaut la peine d’en parler. Maintenant que j’ai lu ce livre, je regrette sincèrement de ne pas avoir vu les passionnés au bord des circuits comme ils le méritaient. Tu dois essayer de prendre contact avec l’auteur de ce livre et demander sa collaboration à notre site ! « . Le maître a parlé !
De retour chez moi, je repense aux paroles de Jacky mais, où vais-je trouver les coordonnées de ce Thierry Coulibaly ? Internet ? J’effectue une recherche qui m’affiche bien sûr tous les sites faisant la promotion de ce livre, mais aucun ne révèle les coordonnées de ce monsieur. A force de patience, je trouve un livre d’or sur lequel un Thierry Coulibaly a laissé une adresse e-mail. Je prends donc le risque d’écrire à cette adresse, sans dévoiler le sujet de ma requête, en demandant si cette personne est bien celle qui a écrit le livre « Passion… 24 Heures du Mans » et, le cas échéant, de prendre contact avec moi.
La chance est avec moi puisque deux jours plus tard, je reçois une réponse affirmative de Thierry qui me dit être, à la fois étonné et ravi que quelqu’un lui écrive de Belgique et me demande : « Que puis-je faire pour vous ? « . Je m’empresse donc de lui exposer ma discussion avec Jacky Ickx et lui propose de collaborer au site dédié à Jacky en écrivant un article sur la vision qu’il a eu sur ce dernier durant ses participations au 24 Heures du Mans.
J’avoue que, vu la qualité de ce livre et des photos qu’il contient, je croyais que Thierry était photographe professionnel ou journaliste et c’est avec cette idée en tête que je lui demandais sa collaboration. C’est avec simplicité que Thierry m’écrit « Je ne suis pas du tout photographe professionnel, ni journaliste, ce livre est juste la résultante d’une passion, et je l’ai fait sans prétention aucune, mais je suis heureux d’avoir osé le réaliser. »
Avant de vous en dire plus à propos de Thierry Coulibaly, permettez-moi de résumer la préface écrite par Jean-Claude Andruet:
« J’ai aujourd’hui le privilège d’écrire ces quelques lignes sur les photos de ta passion, sur la fidélité à ta passion, et aux années qui s’y attachent.
Ta demande me touche, toi le gamin que j’ai aperçu derrière les grillages du parc fermé la première fois que j’ai couru les 24 Heures du Mans.
En réalité, ce sont tes grands yeux de gamin avide de capter un monde dont tu rêvais qui m’ont attendri, car tu étais prisonnier de cette satanée barrière en grillage, que tu acceptais sans rien dire, avec respect, comme tes parents te l’avaient si bien enseigné.
Je ne sais le transcrire, mais tout cela je l’ai ressenti, et je suis venu te chercher pour te faire vivre la course avec nous dans le stand. Tu as séduit toute l’équipe et chaque année ce fut notre rendez-vous… les 24 Heures du Mans.
Cette amitié dont l’opiniâtreté étonne… je te remercie de me l’avoir accordée, elle m’est précieuse… et je suis heureux, et fier, de te voir réussir un recueil si différent sur les 24 Heures du Mans, un témoignage hors de portée… de tant de passionnés… qui, je l’espère, comme moi, vont apprécier. »
Vous avez probablement déjà tout compris !
Dès les premières pages de ce livre, on est dans le bain… Non seulement le passé revient à la mémoire, mais chacun se reconnaît dans la peau de ce gamin avec plein de passion et de lumière dans les yeux. Ce que nous avons rêvé, il l’a vécu, et rien que cela vaut la peine de voir ce livre. Très peu de texte, juste l’essentiel, mais alors… des photos et quelles photos !


Jacky Ickx lui-même, très touché par cette histoire, en a écrit l’avant-propos :
Il faut que les projecteurs se soient éteints pour comprendre l’égoïsme et l’individualisme qui caractérisent en général les pilotes automobiles. Sans l’affection et la passion des spectateurs qui gravitent autour de ce sport, celui-ci n’existerait pas, les pilotes non plus ! La préface de Jean-Claude Andruet évoque l’histoire la plus touchante et le plus bel hommage que l’on puisse rendre à Thierry Coulibaly et à tous ceux qui, comme lui, aiment le sport automobile.
C’est sûr, cher Thierry, que je porterai désormais un regard différent sur tous ceux qui sont de l’autre coté de la barrière et qui nous soutiennent jour après jour dans la conquête du succès.
A vous et à eux tous, merci, merci, merci.
Quel bel hommage de ces deux champions à l’adresse d’un passionné dans lequel chacun peut se reconnaître ! Les pilotes de la génération présente devraient en tirer les leçons.

Mais qui est donc ce Thierry Coulibaly ?
C’est la question que je me suis posée dès que j’ai eu son livre entre les mains. Mis à part l’histoire qu’il a vécut avec Jean-Claude Andruet, il ne parle de lui dans son livre. Pas de photo non plus. C’est réellement la discrétion du passionné anonyme.
Voilà pourquoi, dès mon premier courrier, je lui demandais de m’en dire plus à sur lui. Avec beaucoup de gentillesse voici ce qu’il me répondait : « Je suis né en 1954 d’un père Africain et d’une mère Bretonne (mon père est venu faire la guerre en France et a épousé sa marraine de guerre. Il y a, du reste, un film documentaire qui parle de mon père et dans lequel je symbolise son évasion et réponds aux questions de la cinéaste).
J’ai, très jeune, eu la passion des voitures de courses et Jean-Claude Andruet m’a fait entrer dans les stands. Depuis ce jour de juin 1967, nous sommes restés très amis.
Il est assez étonnant de constater que la majorité des personnes auraient aimé avoir une photo de moi dans le livre, alors que je n’ai pas voulu le faire. Je n’aurais pas imaginé cela.
La préface de Jean-Claude est vraiment très poignante et extrêmement bien rédigée, il est doué pour une multitude de choses ce garçon. «
Bien entendu, ces propos sont publiés avec l’autorisation de Thierry Coulibaly qui ajoute : « C’est un honneur pour mes parents qui, hélas, ne sont plus là mais auxquels je suis très reconnaissant de m’avoir inculqué le respect d’autrui, et les valeurs sures de notre société. «
On ne peut pas faire mieux et, grâce à Jacky Ickx une fois de plus, j’ai la chance et l’honneur d’avoir un contact amical avec un grand monsieur, Thierry Coulibaly, qui a publié un très grand livre, Passion… les 24 Heures du Mans.

Ecrit par Julien Garnier – Initialement publié le 08-12-2005

Thierry Coulibaly avec Jacky Ickx - Classic Days - Le Mans 2024

Thierry Coulibaly avec Jacky Ickx et Jean Claude Andruet - Classic Days - Le Mans 2024